Varanasi

On se rend à la gare avec un peu d’avance, on ne sait pas trop ce qui nous attend. Après un pont interminable qui nous permet de réaliser l’ampleur du transport ferroviaire, nous trouvons le train pour Varanasi avec en prime, notre nom inscrit sur le wagon ! Et ouaw, il fait des milliers de degrés là-dedans ! Pourtant, nous sommes excités comme des gamins par cette nouvelle aventure qui commence.


Nous rencontrons alors deux voyageurs à l’attitude opposée. Elle est russe, voyage en Inde depuis plusieurs mois et aime ce pays, ça se voit. Lui, il parle très peu, assez stressé, et se perd dans ses chaînes et cadenas pour attacher ses affaires. A ce moment, nous choisissons notre voie… la confiance. Et qu’est-ce que cela peut bien faire si nous nous faisons voler ? Rien n’est indispensable…
 

 
Trempés de sueur mais contents, nous arrivons à Varanasi au petit matin. La confiance oui, mais pour prendre un auto rickshaw non ! Les prix proposés sont le double voire le triple d’une course ordinaire… Et l’arnaque consiste à se faire emmener dans des pensions douteuses choisies par le chauffeur pour qu’il touche sa commission. Malgré nos précautions, nous nous retrouvons à l’opposé de la direction souhaitée devant un hôtel miteux qui porte vaguement le même nom que celui annoncé. Crotte !!! Nous marchons à travers le dédalle de rues étroites pour trouver le fameux Gange… Il est là, juste sous nos yeux, mais nous sommes trop fatigués pour savourer quoique ce soit. Il doit faire 50 degrés et nous marchons en plein cagnard pour tenter de rejoindre la guesthouse conseillée. On craque, on a plus d’eau et vraiment très très chaud. Les bateliers demandent un prix plus exorbitant les uns que les autres, et des enfants nous suivent en réclamant de l’argent. On n’en peut plus… A ce moment précis, l’Inde, on la déteste… mais nous trouvons finalement un cyclopousse qui nous emmène à la guesthouse et une bonne douche nous rafraîchit les idées.

Nous découvrons alors les petites ruelles sous un autre angle, pleine de vie, de vaches, de déchets, d’odeurs, de marchands, de nourriture… Nous goûtons d’ailleurs notre premier lassi, un vrai régal, et nous nous empiffrons de samossas.


 
Un bel échange dans un temple dédié à Shiva...

 
Le soir, nous assistons à la « ganga aarti », célébration quotidienne en l’honneur du Gange. Il y a tellement de monde, c’est magique. Nous n’avions jamais ressenti une telle ferveur religieuse. Une famille indienne nous explique qu’ils se sont coupés les cheveux pour les offrir à « mother ganga ». C’est incroyable ! Plusieurs personnes font également des offrandes de fleur qui flottent sur le fleuve.


 
Le Gange est sacré pour les indus et des escaliers un peu partout permettent de rejoindre l’eau. Ces ghats permettent d’accomplir différents rituels tels des ablutions, laver son linge, se rafraichir, des crémations… Ils sont particulièrement animés à l’aube et au crépuscule. Nous découvrons alors le Manikarnika Ghat où les indiens souhaitent être incinérés. Il s’agit du lieu de pèlerinage suprême. Leurs cendres ensuite déposées dans l’eau du Gange mettraient fin au cycle des réincarnations. Des piles énormes de bois longent les ruelles, certains travaillent auprès des brasiers, d’autres remuent l’eau du fleuve à l’aide d’une bassine dans l’espoir de trouver des dents en or ou d’autres valeurs. Les hommes de la famille du défunt parcourent les ruelles en portant le corps enveloppé d’un drap blanc sur une sorte de brancard. Puis ils chantent, et déposent le défunt sur une pile de bois qu’ils allument. Nous pensions être réellement choqués et pourtant nous avons trouvé cela si naturel. La mort est là, elle fait partie de la vie. Nous sommes restés silencieux, immobiles, devant tous ces brasiers…

Au petit matin, nous avons pris une barque. Tout le monde s’affaire sur les ghats, c’était véritablement magique, les photos parlent d’elles-mêmes…


  
 
 

Commentaires

Mélanie a dit…
Que dire...?!? Votre récit est passionnant... Je l'ai lu 3 fois de suite, pour être sûre de ne pas en louper une miette!!! Les photos sont hallucinantes, je n'arrive pas à imaginer ce que vous avez vécu... C'est comme "un autre monde"... et pourtant!!!
A bientôt les Zamoureux ;-)
PapaetBeau a dit…
Voici ce que j'appelle un reportage sans fontière, réalisé avec beaucoup carisme. La chaleur vous fais soufrir et la douche , bien méritée, vous à requinqué

J'adore vous lire et de savoir que tous ce passe bien me fais plaisir.
Vos photos sont magnifiques.

Je vous aime. Mes 2 t.u.t.r.u.

Biz