Phongsali
Le bus part à l’heure prévue pour un trajet de 9 à 15 heures, petite marge réservée à tous les inattendus… Très rapidement, la route fait place à une piste de terre en assez bon état. Le sport national est de fermer les fenêtres à chaque fois qu’un véhicule arrive en sens inverse, poussière oblige ! La petite pause de midi nous permet d’acheter des fruits, du riz ou des écureuils grillés... Mé oui tsé..
Arrivés de nuit, nous partons à la recherche d’une guesthouse et de quelque chose à manger. Le premier contact est plutôt difficile. Les gens nous ignorent et daignent à peine nous répondre. On a l’impression de ne pas être les bienvenus et on ne sait pas pourquoi. Ont-il souffert d’un tourisme irrespectueux, sont-ils racistes, peureux, timides, angoissés, réservés… Après tous les échos positifs reçus du Laos, nous sommes un peu confus. Laissons le temps au temps…
Arrivés de nuit, nous partons à la recherche d’une guesthouse et de quelque chose à manger. Le premier contact est plutôt difficile. Les gens nous ignorent et daignent à peine nous répondre. On a l’impression de ne pas être les bienvenus et on ne sait pas pourquoi. Ont-il souffert d’un tourisme irrespectueux, sont-ils racistes, peureux, timides, angoissés, réservés… Après tous les échos positifs reçus du Laos, nous sommes un peu confus. Laissons le temps au temps…
Nous restons donc quelques jours sur place pour organiser un trek à la rencontre des ethnies montagnardes. Au souper, le contact passe immédiatement avec un couple de bretons, Steven et Chloé, qui voyagent avec leur petite fille de deux ans et demi nommée Loeiza. On se donne donc rendez-vous le lendemain matin à 8h00 devant l’office du tourisme pour réserver notre sortie. Tout se passe au mieux, le trek revient d’ailleurs moins cher à quatre personnes qu’à deux… mais tout s’embrouille lorsqu’un hollandais se joint à nous, Lars. Soudainement, pour des raisons inconnues, le prix par personne augmente… Quoi ? Nous demandons juste une explication mais pas moyen… Après 1 bonne heure à retourner les chiffres dans tous les sens, nous paierons quand même plus cher… Une vraie « tsaborgne » ! Cette fois nous avons appris la leçon, ça ne sert à rien de nager à contre-courant…
Le soir-même, nous soupons tous ensemble et faisons plus ample connaissance. Pour fêter ça, rien de tel qu’un petit verre de lao lao, eau de vie fabriquée à base de riz. La soirée fut bien arrosée, même trop… Steph a donné à manger aux poissons à peine rentré…
Le réveil est difficile… Nous prenons un bus pour retrouver notre guide à Boun Neua et commençons notre randonnée à travers des champs de tabac et de rizières asséchées. La montée commence, dur dur… Plus jamais c’est juré nous ne boirons la veille d’un trek. Heureusement, la sueur évacuée et un bon dîner nous remettent en forme !!! En chemin, notre guide nous montre les restes d’une ruche, probablement décrochée d’un arbre pour en récolter le miel.
Quelques heures plus tard, le sentier offre une vue magnifique sur le village qui s’étend à flanc de coteau… Une maison au toit de chaume attire particulièrement notre attention. Poules, cochons, chiens et buffles cohabitent harmonieusement.
Le contact avec les enfants est difficile cette fois-ci, la peur l’emportant sur la curiosité. Même les bébés pleurent lorsque nous leur sourions. Déstabilisant… La plupart des filles de 7 à 10 ans portent un bébé dans le dos en écharpe…sans doute parce que les mamans travaillent dans les champs. Elles ont tous les gestes maternels, c’est incroyable ! Nous restons assis longuement à nous contempler, dans l’espoir d’une possible interaction.
Plusieurs enfants remontent la pente du village chargés de seaux d’eau. Nous demandons à un petit garçon qui descend apparemment au puits si nous pouvons le suivre… Il acquiesce d’un geste de la tête et nous voilà partis. C’est fou !!! Tout en bas du village, nous remplissons deux seaux avec l’eau d’un puits naturel. C’est lourd, très lourd… Le petit garçon utilise un bambou avec un crochet à chaque extrémité pour les tenir en équilibre sur son épaule. Nous commençons la remontée. Aucun mot ne peut décrire ce que nous avons ressenti… Aurélie lui propose de l’aider et n’y parvient que très difficilement. Steph prend le relais et suit le garçon jusqu’au sommet du village. Nous sommes accueillis par deux tasses de thé. Merveilleux moment de partage. Respect.
En début de soirée, comme par magie, tous les enfants se sont rassemblés autour de Stéphane et jouent à faire rouler une pièce de métal le long de la pente. Un jeu si simple mais qui suscite tant de sourires…
La nuit tombe, il est temps de se débarbouiller un peu. Au centre du village, une arrivée d’eau permet à chaque habitant de prendre sa douche et de faire la lessive sur un simple socle en béton. Les femmes se douchent en sarong (morceau de tissu drapé comme une jupe) pour faire leur toilette en toute intimité. On se lave juste les mains et on part souper. Joli moment d’échange avec la famille qui nous reçoit. Nous apprenons respectivement quelques mots et poussons même la chansonnette… Une nuit quelque peu agitée nous attend… Le vent fait vibrer la hutte de bambou et la tôle d’un toit voisin s’arrache ! Quelle ambiance…
Le lendemain, nous partons visiter l’école du village. Dans un bâtiment ouvert, les enfants sont assis sur de simples bancs en bois. Ils possèdent pour tout matériel un cahier et un crayon. Dans l’une des deux classes, le professeur est absent. Nous en profitons alors pour improviser un petit cours de dessin et sortons des crayons de couleur. Les enfants sont curieux. Ils imitent nos gestes et sont intrigués par le taille-crayon. Moment magique !
Il est temps de partir, avec regrets… Ici, ils utilisent la culture sur brûlis et nous plantons à la main quelques graines de maïs. Ces femmes sont bien courageuses.
Notre trek se termine en beauté dans un village Phunoy en pleine effervescence.
Plusieurs femmes s’affairent autour du feu et préparent du riz gluant dans une chaleur étouffante. Après un délicieux repas, et quelques verres de lao lao, nous les écoutons chanter. Le visage du petit pépé, rempli d’énergie positive, reste en mémoire… D’un geste de la main, nous comprenons que c’est à notre tour… Va pour les champs Elysées, un classique que tout le monde connaît ;-) Toutes les chansons de la colo finissent par y passer. Steph entonne d’une grosse voix les fli fla, oyé comalavista… Merveilleux !!!
Commentaires
Merci de nous les transmettre avec votre joie et votre habituelle bonne humeur
Au fait, le trek organisé"", c'est un truc officiel de l'office du tourisme/agence locale ou des gens qui proposent de vous faire découvrir un peu de leur culture?
Et maîtresse Aurélie, tu t'y remets gentiment? ;-)
Becs
Steph tu as toujours la magie de donner confiance à tous ces enfants et ma fois Aurélie en maîtresse c'est magique aussi.
Vous êtes tellement vrais.
Je vous embrasse fort
Chouette de lire de votre version et de voir vos belles photos. On a croise Lars a Phonsavan. On a hate de savoir comment s'est passe la fin de votre sejour au Laos. Loeiza nous demande souvent: "Stephane et Rolelie y sont ou?"
A bientot pleins de bisoux.
Steven, Chloe et Loeiza
Je me doute que le lao lao doit aider mais pensez aux pauvres oreilles de ces gens habitués à des musiques ancestrales et mélodieuses...
Un peu de respect, dedieu.
l(a)ol, bisoux Tonton Gori